12e nuit de la
chouette

11 mars 2017

Tout sur la nature la nuit

Les rapaces nocturnes

Chevêche d’Athéna (Athene noctua)

Chevêche d’Athéna
Chevêche d’Athéna – Photo : Fabrice Cahez

26 cm. La chouette aux yeux d’or est encore communément répandue en France. Elle fréquente les vergers extensifs, les bocages, les périphéries des villages, etc. et niche dans les cavités des vieux arbres ou des murs. Symbole de la sagesse dans la Grèce antique, elle est aujourd’hui le symbole de la nature de proximité. La chevêche, dont les effectifs sont en déclin (entre 20 000 et 50 000 couples), est le seul rapace nocturne à bénéficier d’un plan de restauration national.

Chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum)

Chevêchette d’Europe – Photo : Christophe Sidamon-Pesson
Chevêchette d’Europe – Photo : Christophe Sidamon-Pesson

16 cm. La chevêchette est le plus petit rapace de France : elle ne dépasse pas la taille d’un gros merle. Inféodée aux forêts de montagne, la chevêchette n’est présente que dans l’est de la France (Vosges, Jura et Alpes). Peu farouche, mais rare et cantonnée aux grandes forêts d’altitude, il est très difficile de la voir ou de l’entendre. Sa population est estimée de 600 à 1 000 couples.

Chouette hulotte (Strix aluco)

Chouette hulotte – Photo : David Allemand
Chouette hulotte – Photo : David Allemand

45 cm. Cette grosse chouette, grise ou rousse selon les individus, est le rapace nocturne le plus commun de France avec une fourchette d’effectifs comprise entre 100 000 et 200 000 couples. Elle abonde dans tous les milieux boisés, des grandes forêts aux boisements plus modestes proches des villes. Son hululement, qui hante toutes les ambiances nocturnes au cinéma, peut être facilement entendu tout au long de l’année.

Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus)

Chouette de Tengmalm – Photo : Christophe Sidamon-Pesson
Chouette de Tengmalm – Photo : Christophe Sidamon-Pesson

25 cm. Un peu plus répandue que la chevêchette, elle affectionne les forêts d’épicéa et les boisements mixtes de montagne où elle niche dans les loges des pics noirs. Son chant mystérieux peut être entendu dans les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif central et les Pyrénées (environ 1 000 à 3 000 couples).

Effraie des clochers (Tyto alba)

Effraie des clochers – Photo : Christian Aussaguel
Effraie des clochers – Photo : Christian Aussaguel

38 cm. Cette dame blanche si mystérieuse était autrefois clouée aux portes des granges. Elle porte pourtant son coeur sur la figure, disait Brassens. Elle niche dans les granges, clochers et ruines. Elle fait deux nichées par an mais est très sensible aux hivers rigoureux. Des milliers sont chaque année tués sur les routes. Malgré sa relative abondance (environ 10 000 et 35 000 couples), l’effraie est en régression.

Grand-duc d’Europe (Bubo bubo)

Grand-duc d’Europe – Photo : Fabrice Cahez
Grand-duc d’Europe – Photo : Fabrice Cahez

72 cm. Le grand-duc, encore absent du quart nord-ouest de la France, recolonise progressivement les massifs rocheux. C’est le plus grand et le plus puissant des rapaces nocturnes d’Europe. Son chant résonne l’hiver dans les falaises des régions accidentées, mais il est très difficile de l’apercevoir. La population, en augmentation, est estimée entre 2 000 et 4 000 couples.

Hibou des marais (Asio flammeus)

Hibou des marais – Photo : Fabrice Croset
Hibou des marais – Photo : Fabrice Croset

40 cm. Le hibou des marais ne niche que rarement en France, dans les dernières landes et marécages. Mais chaque année, des centaines de hiboux des marais hivernent dans les milieux ouverts, un peu partout sur le territoire. Durant la période hivernale, il est parfois possible de les voir chasser en pleine journée. Quelques 20 à 80 couples en période de reproduction et quelques centaines d’hivernants.

Hibou moyen-duc (Asio otus)

Hibou moyen-duc – Photo : Fabrice Croset
Hibou moyen-duc – Photo : Fabrice Croset

38 cm. Présent partout en France, ce hibou discret est relativement commun dans les paysages de bocages, les boisements épars. Il emprunte les anciens nids de corvidés, souvent dans les bosquets de conifères. Il est également possible de l’observer dans les grands parcs urbains. L’hiver, le moyen-duc forme des dortoirs de parfois plusieurs dizaines d’individus, qui se regroupent à la tombée de la nuit. La population française est évaluée à 30 000 à 60 000 couples, mais fluctue en fonction des cycles de campagnols.

Petit-duc scops (Otus scops)

Petit-duc scops – Photo : Christophe Sidamon-Pesson
Petit-duc scops – Photo : Christophe Sidamon-Pesson

21 cm. Le petit-duc est le plus petit des hiboux. Il est aussi le seul rapace nocturne à passer l’hiver au sud du Sahara. Essentiellement présent au sud de la Loire, il fréquente les milieux ouverts où abondent les vieux arbres et les insectes dont il se nourrit exclusivement. Son chant est une douce note flûtée et régulière qui retentit dès le mois d’avril, à son retour d’Afrique. Ses effectifs sont estimés à 10 000 et 20 000 couples, essentiellement concentrés sur le pourtour méditerranéen.

Pour mieux connaître les rapaces nocturnes, consultez le Guide des rapaces nocturnes LPO.

Les autres espèces nocturnes

Alyte accoucheur (Alytes obstetricans)

Alyte accoucheur – Photo M. Huart / LPO Audomarois
Alyte accoucheur – Photo M. Huart / LPO Audomarois

4,5 cm. L’alyte accoucheur est un amphibien dont la tête se termine par un museau arrondi, avec un tympan visible et la pupille de l’œil fendue verticalement. Le dos et le dessus de ses pattes sont granuleux. Il fréquente les forêts, les carrières, les éboulis, mais aussi les murs de pierres sèches et même les jardins. Il vit en plaine, hormis dans le sud où on le rencontre jusqu’à 2 000 mètres d’altitude. Au printemps, son chant ressemble étroitement à celui du petit-duc scops. L’alyte accoucheur a la particularité de porter ses œufs sur son dos. Il se nourrit d’insectes, d’araignées, de lombrics et de limaces.

Chauves-souris

Chauves-souris – Photo Philippe Jourde / LPO
Chauves-souris – Photo Philippe Jourde / LPO

Seuls mammifères volants, les chauves-souris (ou Chiroptères) se dirigent grâce à un système d’écholocation et dorment la tête en bas. Ce ne sont pas des rongeurs, elles ne s’attaquent donc pas aux boiseries et autres matériaux, et ne prolifèrent pas. Elles ne construisent pas de nid et ne transforment pas leur gîte. En Europe, toutes les espèces de chauves-souris sont strictement insectivores. Les 30 espèces dénombrées en France représentent le tiers de nos espèces de mammifères terrestres. Parmi elles, la plus grande est le grand Murin (envergure de 40 cm et poids de 40 g), et la plus petite, la pipistrelle commune (envergure de 20 cm et un poids de 6 g). Malgré sa petite taille, cette dernière peut consommer jusqu’à 600 moustiques par nuit (un quart de son poids) soit environ 60 000 moustiques sur les trois mois d’été !

Chevreuil (Capreolus capreolus)

Chevreuils – Photo : Fabrice Croset
Chevreuils – Photo : Fabrice Croset

Le chevreuil est une espèce de cervidés vivant à l’état sauvage en Europe. Le mâle porte une petite ramure avec 3 ou 4 andouillers, qu’il perd en novembre-décembre ; les nouveaux bois sont complètement refaits en avril-mai. Le pelage des adultes passe par deux phases dans l’année, tandis que les faons ont une livrée brun rougeâtre tachetée de blanc, très caractéristique. Le chevreuil se rencontre surtout dans les bois, les taillis, les forêts de feuillus ou mixtes, les champs de céréales, les roselières mais aussi dans les prairies et les terres cultivées. Quand il est surpris, il s’enfuit en faisant de grands bonds désordonnés, mais s’il a détecté un danger grâce à son odorat très développé, il disparaît silencieusement en se faufilant sous la végétation. Au moment du rut, le chevreuil lance des aboiements retentissants.

Grenouille verte d’Europe (Rana esculenta)

Grenouille verte d’Europe – Photo : Christian Aussaguel
Grenouille verte d’Europe – Photo : Christian Aussaguel

8 à 10 cm. La grenouille verte est un amphibien présentant des yeux proéminents, une tête pointue et et des palmures atteignant l’extrémité des orteils. Présente dans toute l’Europe, sauf l’Angleterre et la péninsule ibérique, elle affectionne les grandes mares, étangs, marais, anciennes sablières, mais aussi lacs et rivières. Elle se nourrit d’insectes divers, vers, crustacés et limaces.

Hérisson commun (Erinaceus europaeus)

Hérisson commun – Photo : Julius Kramer
Hérisson commun – Photo : Julius Kramer

Mammifère insectivore impossible à confondre avec un autre animal étant le seul en France à porter des piquants sur le dos, le hérisson vit partout où il peut trouver gîte et nourriture : lisière de forêt, prés bordés de haies ou dans les parcs et jardins. Animal semi-nocturne, il cherche sa nourriture composée d’insectes, de vers, d’escargots, de limaces, d’œufs, de fruits et de baies dès le crépuscule. Il passe la journée dans un gîte qu’il aménage avec des feuilles ou sous un buisson avec de rares sorties diurnes. Sa moyenne d’âge est de 2 ans car plus du tiers de sa population périt chaque année.

Triton crêté (Triturus cristatus)

Triton crêté – Photo : Rainer Theuer
Triton crêté – Photo : Rainer Theuer

14 à 16 cm. C’est un grand triton robuste, aux membres massifs et à la queue aussi longue que le corps. De teinte sombre, la peau est légèrement rugueuse ; le ventre est jaunâtre ou orangé avec des taches sombres. Le mâle porte une crête en période nuptiale. Toujours proche de l’eau (mares, fossés, étangs, parfois zones inondées), il vit en plaine mais aussi en montagne, jusqu’à 1 000 mètres d’altitude. Il se nourrit d’insectes aquatiques et de leurs larves, de crustacés, de vers et des têtards. À terre, il consomme des insectes, des vers et des limaces.

Illustration : Cécile Rousse
Illustration : Cécile Rousse

Les rapaces nocturnes sont tous plus ou moins menacés. Les causes sont multiples :

  • la destruction et la fragmentation de leurs milieux de vie (abattage des arbres creux, transformation des prairies en cultures, suppression des haies et des arbres isolés, assèchement des marais) ;
  • le trafic routier (chocs contre les véhicules) ;
  • l’engrillagement des clochers ou de certains bâtiments qui prive les rapaces nocturnes de site de reproduction ;
  • les poteaux creux ou conduits de cheminée présentant une ouverture à leur sommet sont autant de pièges desquels les petits nocturnes ne peuvent s’échapper ;
  • les électrocutions et les collisions avec les lignes électriques ;
  • Illustration : Cécile Rousse
    Illustration : Cécile Rousse

    l’utilisation des produits phytosanitaires contre les insectes et les micromammifères ; les rapaces nocturnes meurent d’empoisonnement, dû à l’absorption des pesticides contenus dans leurs proies ;
  • le braconnage ;
  • la pollution lumineuse.

Protéger les rapaces nocturnes et leurs sites de nidification :

Vous pouvez venir en aide aux chouettes et hiboux ! Voici quelques actions simples à mettre en œuvre :

  • Illustration : Cécile Rousse
    Illustration : Cécile Rousse

    installez un nichoir là où les cavités de nidifi cation font défaut ;
  • laissez quelques ouvertures dans votre maison ou ses dépendances pour permettre un accès aux chouettes qui voudraient venir y nicher ;
  • restaurez ou plantez des haies et vergers traditionnels (arbres têtards, fruitiers, haies vives…) et préservez les vieux arbres creux ;
  • limitez l’utilisation de pesticides dans votre jardin ou votre verger ;
  • Illustration : Cécile Rousse
    Illustration : Cécile Rousse

    ne dérangez pas une chouette qui couve dans un arbre, un nichoir ou un bâtiment (généralement au printemps, de mars à mai selon les espèces) ;
  • consommez des produits locaux (pommes et poires, cidre, jus de pomme...) liés au maintien du verger traditionnel ;
  • roulez moins vite la nuit pour limiter les risques de collision avec les chouettes mais aussi d’autres animaux comme les hérissons…
  • soutenez les associations qui protègent et agissent pour les rapaces nocturnes et la biodiversité en général.

NE RAMASSEZ PAS les jeunes nocturnes

Illustration : Cécile Rousse
Illustration : Cécile Rousse

Le ramassage des poussins tombés du nid est une réelle menace. Les jeunes nocturnes quittent le nid très tôt et continuent d’être nourris par les parents. Sans s’en rendre compte, de nombreuses personnes croient bien faire en récupérant une jeune hulotte ou un petit-duc, alors qu’il faut au contraire les laisser sur place, ou les replacer en hauteur à l’abri des prédateurs terrestres.


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